Le prix Réalisation est remis chaque année lors du Prix Femmes de mérite à une personnalité qui s’est particulièrement illustrée au cours de sa carrière et qui joue un rôle d’avant-plan au sein de son secteur d’activité. Elle est, aux yeux de ses pairs, un modèle à suivre.
En cette année de célébration, qui de mieux que Janette Bertrand, pionnière de la condition de la femme, pour recevoir ce prix ?
Une vie bien remplie
Femme de lettres, d’idées et de cœur, Janette Bertrand est l’une des personnalités québécoises les plus aimées et respectées. Honorée à maintes reprises pour sa carrière prolifique, qui a débuté dans les années 1950, elle a œuvré dans la littérature, la radio, la télévision et le théâtre. En tant que communicatrice hors pair, elle a su dépasser les préjugés et aborder des sujets délicats avec finesse, influençant ainsi l’histoire du Québec et celle des femmes. Animée par une grande empathie et un désir sincère de comprendre la condition humaine, elle a mené une véritable révolution sociale. Sa contribution à l’évolution des mentalités et à la réflexion collective est remarquable, inspirant encore aujourd’hui de nombreuses générations.
En 1950, après avoir frappé aux portes de plusieurs rédactions, elle entame sa carrière journalistique au Petit Journal avec la chronique « Opinions de femmes », puis tient durant dix-sept ans la rubrique sentimentale « Le refuge sentimental ». Elle y traite avec audace des sujets alors tabous, tels que la violence conjugale, l’autonomie financière des femmes, le désir féminin ou encore la contraception.
À Radio-Québec, avec le téléroman « S.O.S. j’écoute », elle met en avant l’écoute active, méthode qu’elle a apprise à Tel-Aide. En deux décennies, elle est devenue une figure incontournable de la télévision québécoise.
Dans les années 1980 et 1990, elle se démarque avec deux émissions marquantes qui abordent des thèmes encore inexplorés à l’écran : « Parler pour parler », où elle anime des discussions sur des sujets intimes, et la série « Avec un grand A », qui dépeint de façon réaliste la société québécoise et son évolution. Son écriture, empreinte d’humanité, touche profondément les téléspectateurs, qui se reconnaissent dans ses récits sincères et inclusifs.
Également auteure, Janette Bertrand a publié près de vingt livres, dont son autobiographie, dont le deuxième tome, « Cent ans d’amour – Réflexions sur la vieillesse », paraîtra sous peu. Que ce soit comme journaliste, scénariste, féministe ou écrivain, elle a eu le courage d’ouvrir des débats à une époque où cela semblait impossible, encourageant les femmes à se libérer des normes idéologiques oppressives. Elle l’a fait pour elle-même, mais aussi pour toutes les autres femmes.
« Prouver à mon père qu’une fille, ça valait quelque chose, je le fais encore », déclare-t-elle en ouverture du documentaire Janette & filles (2021) de Léa Clermont-Dion, qui souligne l’héritage inestimable qu’elle laisse derrière elle.
Janette a été récipiendaire du Prix Femmes de mérite, dans la catégorie Pionnière, en 2003.
Pour en savoir plus, vous pouvez découvrir la bio complète de Janette sur le site de son agence.
