Suzanne Bossé, jeune femme inspirante diplômée de l’Université de Montréal, a su dépasser ses enjeux de santé mentale pour s’investir auprès des autres par la pratique du travail social. En 2014, elle emménage à la résidence du Y des femmes de Montréal, en poursuivant des études universitaires malgré plusieurs embuches : visites à l’hôpital, instabilité résidentielle, symptômes incommodants. Elle persévère et s’implique dans sa communauté par du bénévolat et des emplois étudiants dans le milieu communautaire.
C’est en côtoyant des femmes vivant diverses problématiques psychosociales que Suzanne développe un intérêt pour l’intervention et la relation d’aide. En 2018, elle s’installe aux Jardins du Y. Le fait d’appartenir à cette communauté de femmes est, pour elle, une source de fierté, de soutien et un remède à la solitude dans les moments plus difficiles.
En 2020, elle termine un baccalauréat en travail social et travaille auprès de patients hospitalisés en psychiatrie. Elle est maintenant travailleuse sociale dans un groupe de médecine familiale où elle reçoit des patients vivant avec des problèmes psychosociaux, dont une majorité souffre d’enjeux de santé mentale. Les ressources et outils acquis pendant son rétablissement lui servent à soutenir ses patients.
Son vécu lui permet de comprendre les difficultés de ses patients autrement qu’au travers d’un regard clinique. Elle en retire ouverture, empathie, un engagement plus grand dans sa pratique et une volonté de défendre leurs droits devant la discrimination. Elle est convaincue que son cheminement aurait été bien différent sans ses séjours au Y des femmes et à la Maison Marguerite, ainsi que sans le soutien de sa famille, ses amis et plusieurs professionnels de santé.
Alors que persiste dans notre société la conception que les troubles de santé mentale représentent un obstacle insurmontable à une vie épanouie et productive, la trajectoire de Suzanne Bossé donne l’espoir qu’avec le soutien nécessaire, tout est possible.






